Glossaire Salaire et Paie

Retrouvez ici les définitions de plus de 30 termes essentiels liés au salaire, à la paie et aux cotisations sociales en France.

Salaire brut

Le salaire brut est la rémunération totale convenue entre l'employeur et le salarié avant déduction des cotisations sociales salariales. C'est le montant qui figure en haut du bulletin de paie. Il comprend le salaire de base, les primes, les heures supplémentaires et autres compléments de rémunération.

Salaire net (net à payer)

Le salaire net, ou net à payer, est le montant effectivement versé sur le compte bancaire du salarié après déduction de toutes les cotisations sociales salariales. Depuis 2019, le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu est également déduit, donnant le « net à payer après impôt ».

Salaire net imposable

Le salaire net imposable est la base de calcul de l'impôt sur le revenu. Il diffère du net à payer car il inclut la CSG non déductible (2,4%) et la CRDS (0,5%). Le net imposable est donc légèrement supérieur au net à payer avant impôt.

CSG (Contribution Sociale Généralisée)

La CSG est un prélèvement social créé en 1991 pour financer la protection sociale. Elle est prélevée au taux de 9,2% sur 98,25% du salaire brut. Elle se décompose en CSG déductible (6,8%) et CSG non déductible (2,4%). La partie déductible réduit l'assiette de l'impôt sur le revenu.

CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale)

La CRDS est un prélèvement social de 0,5% créé en 1996 pour résorber la dette de la Sécurité sociale. Elle est calculée sur la même assiette que la CSG (98,25% du salaire brut) et n'est pas déductible de l'impôt sur le revenu.

Cotisations sociales

Les cotisations sociales sont les prélèvements obligatoires sur le salaire qui financent la protection sociale (maladie, retraite, chômage, famille). Elles se divisent en cotisations salariales (environ 22-25% du brut, déduites du salaire) et cotisations patronales (environ 45% du brut, à la charge de l'employeur).

Charges salariales (cotisations salariales)

Les charges salariales sont la part des cotisations sociales à la charge du salarié, déduites du salaire brut pour obtenir le salaire net. Elles représentent environ 22% du brut pour un non-cadre et 25% pour un cadre. Elles incluent la CSG, la CRDS, la retraite de base et complémentaire.

Charges patronales (cotisations patronales)

Les charges patronales sont la part des cotisations sociales à la charge de l'employeur, payées en plus du salaire brut. Elles représentent environ 45% du salaire brut et incluent l'assurance maladie, les allocations familiales, l'assurance chômage, la retraite complémentaire et les accidents du travail.

Prélèvement à la source (PAS)

Le prélèvement à la source est le mode de recouvrement de l'impôt sur le revenu en vigueur depuis janvier 2019. L'impôt est directement prélevé par l'employeur sur le salaire net, selon un taux communiqué par l'administration fiscale. Il peut être personnalisé, individualisé ou neutre (barème par défaut).

SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance)

Le SMIC est le salaire horaire minimum légal en France. En 2026, il est fixé à environ 11,88 € brut de l'heure, soit environ 1 801,80 € brut mensuel pour un temps plein (35h/semaine). Il est revalorisé au minimum chaque année au 1er janvier.

Convention collective

La convention collective est un accord négocié entre les organisations syndicales et patronales d'un secteur d'activité. Elle définit les conditions de travail, les grilles de salaires minimaux, les primes et les avantages spécifiques au secteur. Elle peut prévoir des taux de cotisations différents du régime général.

Bulletin de paie (fiche de paie)

Le bulletin de paie est le document remis obligatoirement chaque mois par l'employeur au salarié. Il détaille le salaire brut, les cotisations salariales et patronales, le net imposable, le net à payer avant et après impôt, ainsi que les cumuls annuels. Sa forme a été simplifiée en 2018.

Plafond de la Sécurité sociale (PSS)

Le plafond de la Sécurité sociale (PSS) est un montant de référence fixé annuellement. En 2026, il est de 3 864 € par mois (46 368 € par an). Certaines cotisations ne s'appliquent que sur la part du salaire inférieure au plafond (tranche 1), d'autres s'appliquent au-delà (tranche 2).

Tranche 1 (T1)

La tranche 1 correspond à la partie du salaire comprise entre 0 et le plafond de la Sécurité sociale (3 864 €/mois en 2026). Les cotisations de retraite de base et complémentaire AGIRC-ARRCO s'y appliquent à des taux spécifiques, généralement plus faibles que ceux de la tranche 2.

Tranche 2 (T2)

La tranche 2 correspond à la partie du salaire comprise entre le plafond de la Sécurité sociale et 8 fois ce plafond (soit entre 3 864 € et 30 912 €/mois en 2026). Les cotisations AGIRC-ARRCO y sont plus élevées, ce qui explique une partie de la différence entre le taux de prélèvement des cadres et des non-cadres.

AGIRC-ARRCO

L'AGIRC-ARRCO est le régime de retraite complémentaire obligatoire des salariés du secteur privé. Depuis 2019, l'AGIRC (cadres) et l'ARRCO (tous salariés) ont fusionné. Les cotisations s'appliquent en tranche 1 (3,15% salarié) et tranche 2 (8,64% salarié).

CET (Contribution d'Équilibre Technique)

La CET est une cotisation spécifique aux cadres dont le salaire dépasse le plafond de la Sécurité sociale. Elle finance l'équilibre du régime AGIRC-ARRCO. Le taux salarié est de 0,14% sur la totalité du salaire. C'est la principale raison pour laquelle les cadres ont des cotisations légèrement plus élevées.

CEG (Contribution d'Équilibre Général)

La CEG est une cotisation de retraite complémentaire qui finance les départs anticipés avant 67 ans. Son taux salarié est de 0,86% en tranche 1 et 1,08% en tranche 2. Elle s'applique à tous les salariés du privé, cadres et non-cadres.

Coût employeur (super-brut)

Le coût employeur, parfois appelé « super-brut », est le montant total que l'employeur dépense pour un salarié. Il comprend le salaire brut plus l'ensemble des cotisations patronales (environ 45% du brut). C'est le vrai coût d'un emploi pour l'entreprise.

Net avant impôt

Le net avant impôt est le salaire après déduction des cotisations sociales salariales mais avant le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. C'est le montant de référence le plus couramment utilisé pour comparer les salaires et négocier une rémunération.

Net après impôt

Le net après impôt est le montant réellement perçu par le salarié après déduction de toutes les cotisations sociales et du prélèvement à la source. C'est le montant qui arrive sur le compte bancaire. Il dépend de la situation fiscale personnelle du salarié (situation familiale, nombre de parts, revenus du foyer).

Assurance maladie

L'assurance maladie est la branche de la Sécurité sociale qui prend en charge les frais de santé. Elle est financée par une cotisation patronale de 7% (depuis la suppression de la cotisation salariale maladie en 2018). Pour les salariés résidant hors de France, un taux spécifique peut s'appliquer.

Allocations familiales

Les allocations familiales sont financées par une cotisation patronale uniquement. Le taux est de 3,45% pour les salaires inférieurs à 3,5 SMIC et de 5,25% au-delà. Elles financent les prestations familiales (allocations familiales, APL, prime de naissance, etc.).

Assurance chômage

L'assurance chômage finance les indemnités versées aux demandeurs d'emploi. Depuis 2019, la cotisation est exclusivement patronale (4,05% en tranche 1). La part salariale a été supprimée et compensée par la hausse de la CSG. Elle est gérée par France Travail (ex-Pôle emploi).

Cotisation vieillesse

Les cotisations vieillesse financent les pensions de retraite de base du régime général. Elles se composent d'une part plafonnée (6,90% salarié / 8,55% employeur sur la tranche 1) et d'une part déplafonnée (0,40% salarié / 2,02% employeur sur la totalité du salaire).

AT/MP (Accidents du Travail / Maladies Professionnelles)

La cotisation AT/MP est une cotisation patronale dont le taux varie selon le secteur d'activité et la taille de l'entreprise. Le taux moyen est d'environ 1%. Elle finance la prise en charge des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Prime

Une prime est un complément de rémunération versé en plus du salaire de base. Les primes sont généralement soumises aux mêmes cotisations sociales que le salaire. Il existe des primes conventionnelles (13ème mois, ancienneté), légales (intéressement, participation) ou exceptionnelles.

13ème mois

Le 13ème mois est une prime annuelle correspondant généralement à un mois de salaire supplémentaire. Il n'est pas obligatoire légalement mais peut être prévu par la convention collective, un accord d'entreprise ou le contrat de travail. Il est soumis aux cotisations sociales comme le salaire normal.

Heures supplémentaires

Les heures supplémentaires sont les heures travaillées au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine. Elles sont majorées de 25% (de la 36e à la 43e heure) puis de 50% (à partir de la 44e heure). Depuis 2019, elles bénéficient d'une exonération de cotisations salariales et d'une exonération fiscale jusqu'à 7 500 €/an.

Avantages en nature

Les avantages en nature sont des biens ou services fournis gratuitement ou à tarif réduit par l'employeur (voiture de fonction, logement, repas, téléphone). Ils sont évalués forfaitairement ou au réel et s'ajoutent au salaire brut pour le calcul des cotisations et de l'impôt.

Salaire de base

Le salaire de base est la rémunération fixe convenue dans le contrat de travail, hors primes, heures supplémentaires et avantages en nature. Il est calculé en multipliant le taux horaire par le nombre d'heures mensuelles (151,67h pour un temps plein à 35h/semaine).

Taux horaire

Le taux horaire est la rémunération pour une heure de travail. Pour un salarié mensualisé à 35h/semaine, il se calcule en divisant le salaire mensuel brut par 151,67 heures. Le taux horaire ne peut pas être inférieur au SMIC horaire (environ 11,88 € brut en 2026).

Temps partiel

Le temps partiel désigne un contrat de travail dont la durée est inférieure à 35 heures par semaine. Le salaire et les cotisations sont calculés au prorata de la durée travaillée. La durée minimale légale est de 24 heures par semaine, sauf dérogations.

Cadre

Le statut de cadre est défini par la convention collective applicable. Les cadres ont des cotisations légèrement plus élevées (CET à 0,14%) et bénéficient d'une cotisation APEC obligatoire. Leurs cotisations AGIRC-ARRCO en tranche 2 sont plus importantes car ils ont plus souvent des salaires dépassant le plafond de la Sécurité sociale.

Non-cadre

Le statut de non-cadre (employé, ouvrier, technicien, agent de maîtrise) se distingue du statut cadre par des cotisations salariales légèrement inférieures (pas de CET). Le taux de conversion brut/net est d'environ 78% pour un non-cadre, contre 75% pour un cadre.

Impôt sur le revenu

L'impôt sur le revenu est un impôt progressif calculé par tranches sur le revenu net imposable. En 2026, les tranches vont de 0% (jusqu'à 11 497 €) à 45% (au-delà de 180 294 €). Un abattement forfaitaire de 10% (min. 495 €, max. 14 171 €) est appliqué sur les revenus salariaux.

Mutuelle obligatoire (complémentaire santé)

Depuis 2016, tous les employeurs du secteur privé doivent proposer une complémentaire santé collective à leurs salariés, avec un financement patronal minimum de 50%. La cotisation salariale est déduite du salaire net mais apparaît séparément sur le bulletin de paie.

Mottalib Radif

Rédigé par Mottalib Radif

MBA INSEAD · Passionné de Finance