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Prime Brut en Net 2026

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Salaire net mensuel

Comment convertir une prime brute en net ?

Les primes versées par l'employeur sont en principe soumises aux mêmes cotisations sociales que le salaire de base : cotisations de Sécurité sociale, retraite complémentaire, CSG/CRDS. Pour convertir une prime brute en net, appliquez le même taux de conversion que pour votre salaire : environ 22% de cotisations pour un non-cadre et 25% pour un cadre.

Cependant, certaines primes bénéficient d'exonérations totales ou partielles de cotisations et d'impôt, ce qui améliore significativement le taux de conversion brut-net. Il est donc essentiel de connaître la nature exacte de votre prime avant de calculer le net.

Types de primes et leur traitement fiscal

1. Prime classique (prime d'objectifs, performance, etc.)

Traitement : soumise à cotisations sociales (22-25%) + impôt sur le revenu via le prélèvement à la source.

Exemple : Prime de 1 000 € brut (non-cadre) → 1 000 - 220 (cotisations) = 780 € net avant impôt → 780 - 7,5% PAS = ~722 € net après impôt.

2. Prime de Partage de la Valeur (PPV)

Créée en 2022 et pérennisée, la PPV (anciennement "PEPA") est exonérée de cotisations sociales ET d'impôt sur le revenu dans certaines limites :

  • Plafond standard : 3 000 € par an et par bénéficiaire
  • Plafond majoré : 6 000 € si l'entreprise a un accord d'intéressement ou de participation
  • Conditions : entreprise de moins de 50 salariés, ou salariés rémunérés moins de 3× le SMIC annuel (64 865 € brut en 2026)

Avantage : une PPV de 3 000 € = 3 000 € net versés, sans aucune cotisation ni impôt. C'est le dispositif le plus avantageux actuellement.

3. Intéressement et Participation

L'intéressement et la participation sont des primes collectives liées aux résultats de l'entreprise. Leur traitement dépend du choix du salarié :

  • Versement immédiat : soumis à cotisations sociales (hors assurance chômage) + impôt → taux de cotisations ~10-12% + impôt
  • Placement sur PEE/PERCO : exonéré de cotisations sociales (sauf CSG/CRDS à 9,7%) + exonéré d'impôt → gain fiscal important
  • Forfait social employeur : 20% de la somme versée (payé par l'employeur, pas par vous)

Exemple : Participation de 2 000 €. Si placée sur PEE → 2 000 - 194 € (CSG/CRDS) = 1 806 € disponibles en épargne. Si versée cash → 2 000 - 220 (cotisations) - 150 (impôt) = 1 630 € net.

4. 13ème mois, prime de vacances, prime de fin d'année

Ces primes contractuelles ou conventionnelles sont traitées comme du salaire : cotisations pleines (22-25%) + impôt. Pas d'exonération.

5. Prime d'ancienneté

Souvent intégrée au salaire mensuel de base. Cotisations et impôt normaux.

Exemples de conversion brut → net

Voici des exemples concrets pour différents montants de primes classiques (soumises à cotisations pleines) :

Non-cadre (22% de cotisations, taux PAS 5%)

Prime brute Cotisations (22%) Net avant impôt Impôt (5%) Net après impôt
500 €-110 €390 €-19,50 €370,50 €
1 000 €-220 €780 €-39 €741 €
2 000 €-440 €1 560 €-78 €1 482 €
5 000 €-1 100 €3 900 €-195 €3 705 €

Cadre (25% de cotisations, taux PAS 7,5%)

Prime brute Cotisations (25%) Net avant impôt Impôt (7,5%) Net après impôt
500 €-125 €375 €-28,13 €346,87 €
1 000 €-250 €750 €-56,25 €693,75 €
2 000 €-500 €1 500 €-112,50 €1 387,50 €
5 000 €-1 250 €3 750 €-281,25 €3 468,75 €

Impact sur le prélèvement à la source

Attention : une prime importante peut augmenter temporairement votre taux de prélèvement à la source le mois où elle est versée. Pourquoi ? Parce que l'administration fiscale calcule votre taux en fonction du revenu du mois précédent.

Exemple : Vous gagnez habituellement 2 500 € net imposable. En décembre, vous touchez une prime de 3 000 € brut (2 340 € net imposable). Votre net imposable total pour décembre sera de 4 840 €. Si le système calcule un taux basé sur ce revenu "annualisé" (4 840 × 12 = 58 080 €), votre taux peut bondir de 7,5% à 12-15% le mois suivant.

Régularisation : Pas de panique, ce trop-prélevé sera régularisé en septembre de l'année suivante lors de votre déclaration de revenus. Mais cela peut créer un coup dur de trésorerie.

Optimisation fiscale des primes

1. Privilégiez la PPV si possible

Si votre employeur peut vous verser une prime exceptionnelle, demandez qu'elle soit versée sous forme de Prime de Partage de la Valeur dans la limite de 3 000 ou 6 000 €. Vous économisez 22-25% de cotisations + 5-15% d'impôt = 30-40% de gain net !

2. Placez l'intéressement/participation sur PEE

Ne demandez pas le versement immédiat. Placez sur un PEE : vous économisez les cotisations sociales (hors CSG/CRDS) et l'impôt, et l'épargne est disponible après 5 ans (ou immédiatement en cas de déblocage anticipé : achat résidence principale, mariage, etc.).

3. Étalez les primes si possible

Si vous négociez une prime importante (ex : 10 000 €), demandez à votre employeur de l'étaler sur 2-3 mois pour limiter l'impact sur votre taux de prélèvement à la source et éviter de passer dans une tranche d'imposition supérieure ponctuellement.

Primes et ancienneté / démission

Certaines primes sont conditionnées à une condition de présence dans l'entreprise à la date de versement :

  • Prime de fin d'année : souvent conditionnée à être présent au 31/12. Si vous démissionnez en novembre, vous la perdez (sauf clause contraire dans votre contrat ou convention collective).
  • 13ème mois : peut être proratisé en cas de départ en cours d'année (ex : 6 mois travaillés = 6/12 du 13ème mois).
  • Intéressement/participation : droits généralement acquis même en cas de départ, mais vérifiez l'accord d'entreprise.

Timing de versement et stratégie

Le moment où la prime est versée peut avoir un impact fiscal :

  • Prime versée en décembre N : imposable sur les revenus N, déclarés en N+1, impôt payé en N+1
  • Prime versée en janvier N+1 : imposable sur les revenus N+1, déclarés en N+2, impôt payé en N+2 → différé d'un an

Si vous anticipez une baisse de revenus l'année suivante (congé parental, passage à temps partiel, retraite), il peut être judicieux de demander le versement de la prime en janvier plutôt qu'en décembre pour bénéficier d'un taux d'imposition plus faible.

Conseils pratiques

  • Vérifiez votre fiche de paie : assurez-vous que la prime est bien mentionnée avec le bon montant brut et que les cotisations appliquées sont correctes.
  • Calculez le net réel : utilisez notre calculateur brut/net pour estimer précisément ce que vous toucherez après cotisations et impôt.
  • Négociez le type de prime : si votre employeur vous propose une prime, suggérez une PPV ou un intéressement plutôt qu'une prime classique pour optimiser le net.
  • Anticipez l'impôt : si la prime est importante, provisionnez pour le trop-prélevé d'impôt le mois suivant ou demandez une modulation de votre taux sur impots.gouv.fr.

Primes et cotisations retraite

Un point souvent négligé : les primes soumises à cotisations augmentent vos droits à la retraite. Chaque euro de prime cotisé à l'AGIRC-ARRCO vous rapporte des points de retraite complémentaire supplémentaires. À l'inverse, les primes exonérées (PPV, intéressement placé) ne génèrent pas de droits retraite.

Sur une carrière de 40 ans, la différence peut être significative : un salarié recevant 3 000 € de primes cotisées chaque année accumule environ 80 points AGIRC-ARRCO de plus qu'un salarié recevant la même somme en PPV. À la retraite, ces 80 points représentent environ 113 € de pension annuelle supplémentaire, soit 9,40 € par mois à vie.

Ce calcul illustre le dilemme classique entre net immédiat et droits futurs : les primes exonérées sont plus avantageuses à court terme, mais les primes cotisées construisent des droits de retraite. Selon votre horizon de temps et votre stratégie patrimoniale, le meilleur choix peut varier.

Questions fréquentes