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Négocier son Salaire 2026

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Salaire net mensuel

Pourquoi il est essentiel de négocier son salaire

Ne pas négocier son salaire peut vous coûter des dizaines de milliers d'euros sur l'ensemble de votre carrière. Pourquoi ? Parce que votre salaire de départ sert de base à toutes vos augmentations futures. Une différence de seulement 100 € brut par mois représente :

  • 1 200 € brut par an
  • 36 000 € brut sur 30 ans de carrière (sans compter les augmentations en %)
  • Environ 60 000 € brut au total si on intègre les augmentations futures calculées en pourcentage de ce salaire initial

Pourtant, selon une étude de 2025, 58% des salariés français n'osent pas négocier leur salaire, par peur de paraître trop gourmands ou de perdre l'opportunité. C'est une erreur : la négociation salariale est une étape normale et attendue du processus de recrutement et d'évolution professionnelle.

Négocier à l'embauche : stratégies et scripts

1. Faites vos recherches en amont

Avant de négocier, renseignez-vous sur les salaires du marché pour votre poste, votre secteur et votre région :

  • Consultez les sites spécialisés : Glassdoor, Indeed, Talent.com, Welcome to the Jungle (grilles salariales par poste et entreprise)
  • Utilisez les études de rémunération de cabinets de recrutement (Robert Half, PageGroup, Michael Page publient des guides annuels)
  • Vérifiez les grilles salariales de votre convention collective
  • Demandez à votre réseau professionnel (LinkedIn, anciens collègues)

2. Demandez toujours en brut annuel

En France, la norme est de parler en brut annuel. Dire "38 000 € brut annuel" sonne plus professionnel que "2 360 € net par mois". Cela évite aussi les erreurs de calcul et les malentendus.

3. Donnez une fourchette, pas un chiffre fixe

Au lieu de dire "Je veux 40 000 €", dites "Je vise une rémunération entre 38 000 et 42 000 € brut annuel". Cela laisse une marge de négociation et montre que vous êtes flexible. L'employeur proposera souvent un chiffre dans le bas de votre fourchette, d'où l'importance de placer le plancher au niveau de votre objectif réel.

4. Scripts de négociation à l'embauche

Quand le recruteur demande vos prétentions salariales :

"D'après mes recherches sur le marché et compte tenu de mon expérience de [X années] dans [domaine], je vise une rémunération entre [Y] et [Z] € brut annuel. Cela correspond aux standards du marché pour ce type de poste. Qu'en pensez-vous ?"

Quand l'offre est inférieure à vos attentes :

"Je vous remercie pour cette proposition. Le poste m'intéresse beaucoup, mais j'espérais une rémunération plus proche de [X] € brut annuel, compte tenu de [arguments : expérience, compétences rares, marché]. Serait-il possible d'ajuster l'offre ?"

Si le recruteur ne peut pas monter en salaire :

"Je comprends la contrainte budgétaire. Serait-il possible de compenser par d'autres avantages : jours de télétravail supplémentaires, tickets restaurant, participation, prime d'intéressement, ou un premier bilan d'augmentation dans 6 mois ?"

Négocier une augmentation : méthode et timing

1. Préparez un dossier solide

Pour obtenir une augmentation, vous devez prouver que vous créez de la valeur. Préparez des arguments factuels :

  • Résultats chiffrés : "J'ai augmenté les ventes de 15% sur mon secteur", "J'ai réduit les délais de livraison de 20%"
  • Responsabilités élargies : "Je manage désormais une équipe de 3 personnes", "Je pilote le projet X en autonomie"
  • Compétences acquises : "J'ai obtenu la certification Y", "Je maîtrise maintenant l'outil Z essentiel à l'équipe"
  • Comparaison au marché : "Le salaire moyen pour mon poste et mon expérience est de X €, je suis actuellement en-dessous"

2. Choisissez le bon moment

Le timing est crucial. Demandez une augmentation :

  • Lors de l'entretien annuel d'évaluation : c'est le moment prévu pour parler évolution professionnelle et salaire
  • Après un succès majeur : projet livré avec succès, objectifs dépassés, client important signé
  • Lors d'une prise de responsabilités : nouvelle mission, nouveau périmètre, nouveau management
  • À la fin des NAO (Négociations Annuelles Obligatoires) : période où les budgets d'augmentation sont décidés (généralement janvier-mars)

Évitez : demander une augmentation pendant une période difficile pour l'entreprise (plan social, baisse d'activité), juste après un échec, ou moins de 6 mois après votre dernière augmentation.

3. Quantifiez votre demande

Ne dites jamais "J'aimerais une petite augmentation". Soyez précis : "Je souhaite une augmentation de 8%, soit 200 € brut par mois". Une demande chiffrée montre que vous avez réfléchi et que vous êtes sérieux.

Quelle augmentation demander ? En France, les augmentations annuelles moyennes sont de :

  • Augmentation générale (inflation) : 1,5 à 3% par an
  • Augmentation individuelle (mérite) : 3 à 5% par an
  • Augmentation exceptionnelle (promotion) : 8 à 15%

4. Script de demande d'augmentation

"Bonjour [Manager], j'aimerais échanger avec vous sur mon évolution professionnelle et ma rémunération. Cette année, j'ai [résultats concrets]. Mes responsabilités ont évolué avec [nouvelles missions]. Compte tenu de ces éléments et du marché, je souhaiterais discuter d'une revalorisation de ma rémunération à hauteur de [X%] ou [Y €] brut mensuel. Qu'en pensez-vous ?"

Ne négociez pas que le salaire : package de rémunération global

Si votre employeur ne peut pas augmenter votre salaire brut, vous pouvez négocier d'autres avantages qui ont de la valeur sans coûter autant à l'entreprise :

Avantages financiers

  • Prime de Partage de la Valeur (PPV) : jusqu'à 3 000 ou 6 000 € exonérés de cotisations et d'impôt
  • Intéressement et participation : épargne salariale exonérée de cotisations si placée sur PEE/PERCO
  • Tickets restaurant : 60% pris en charge par l'employeur, exonérés dans la limite de 7,26 € par titre
  • Prime d'ancienneté, prime de performance, 13ème mois : primes récurrentes qui augmentent le brut
  • Chèques-vacances, chèques-cadeaux : exonérés dans certaines limites (montant limité, conditions de ressources)

Avantages en nature et services

  • Voiture de fonction : économie de 300 à 600 € par mois (mais soumise à cotisations)
  • Téléphone professionnel : économie de 50 à 80 € par mois
  • Ordinateur portable : pour usage mixte pro/perso
  • Parking ou abonnement transport : prise en charge à 100% possible (obligatoire à 50% minimum pour les transports en commun)

Avantages en temps et qualité de vie

  • Jours de télétravail : 2-3 jours par semaine (économie de transport, meilleure QVT)
  • RTT supplémentaires : ou horaires aménagés (semaine de 4,5 jours, finish à 16h le vendredi)
  • Compte Épargne Temps (CET) : possibilité d'épargner des jours pour des projets futurs
  • Flexibilité horaire : arrivée/départ décalés, horaires libres

Avantages en développement professionnel

  • Formation : certification, MBA, formation longue prise en charge
  • Conférences et événements : participation à des salons, congrès professionnels
  • Coaching professionnel : accompagnement personnalisé
  • Clause de revoyure : engagement de revoir la rémunération dans 6 mois après une période d'essai réussie

Quand NE PAS négocier

Parfois, la négociation peut être contre-productive. Évitez de négocier dans ces situations :

  • Offre déjà au-dessus du marché : si l'offre est généreuse et alignée avec vos recherches, acceptez sans marchandage excessif
  • Contexte de crise : si l'entreprise est en difficulté (plan social, licenciements), ce n'est pas le moment
  • Poste à forte concurrence : si le recruteur a 50 candidats qualifiés, votre marge de manœuvre est faible
  • Junior sans expérience : pour un premier emploi, la marge de négociation est limitée. Privilégiez la montée en compétences et négociez dans 1-2 ans

Négocier en télétravail / remote : spécificités

Avec l'essor du télétravail, de nouvelles opportunités et contraintes apparaissent dans la négociation salariale :

Négocier un poste full remote

  • Élargissez votre recherche géographique : un poste parisien en remote depuis la province peut vous offrir un salaire parisien avec un coût de vie provincial
  • Demandez une indemnité télétravail : 10 à 50 € par mois pour couvrir électricité, internet, etc. (exonérée jusqu'à 580 € par an en 2026)
  • Négociez le matériel : bureau, chaise ergonomique, écran, casque, éclairage pris en charge par l'employeur
  • Attention à la clause de mobilité : si vous êtes en remote, assurez-vous que votre contrat ne vous oblige pas à venir au bureau 2-3 fois par semaine

Ajustement salarial selon la localisation

Certaines entreprises pratiquent des salaires ajustés à la localisation : un développeur à Paris gagnera plus qu'à Nantes pour le même poste, même en remote. D'autres pratiquent un salaire unique quel que soit le lieu. Renseignez-vous sur la politique de l'entreprise avant de négocier.

Brut vs net : toujours penser en pouvoir d'achat réel

Une erreur fréquente est de se focaliser uniquement sur le brut. Or, ce qui compte pour votre budget, c'est le net après impôt.

Exemples de conversion

  • Augmentation de 100 € brut/mois = environ 78 € net (non-cadre) ou 75 € net (cadre)
  • Augmentation de 200 € brut/mois = environ 156 € net (non-cadre) ou 150 € net (cadre)
  • Augmentation de 500 € brut/mois = environ 390 € net (non-cadre) ou 375 € net (cadre)

Avant d'accepter une augmentation, vérifiez son impact réel avec notre calculateur brut/net. N'oubliez pas que l'augmentation peut aussi vous faire changer de tranche d'imposition et réduire l'impact net final.

Erreurs à éviter absolument

  • Mentir sur son salaire actuel : si le recruteur demande votre bulletin de salaire, il découvrira la supercherie. Soyez honnête.
  • Accepter la première offre sans négocier : même si elle vous convient, testez la marge de manœuvre. Souvent, 5 à 10% supplémentaires sont possibles.
  • Comparer son salaire à celui des collègues : argument faible et maladroit. Focalisez-vous sur VOTRE valeur et VOS résultats.
  • Négocier par email : préférez toujours un échange en face-à-face ou en visio pour la négociation salariale. L'écrit peut être mal interprété.
  • Menacer de partir : "Si je n'ai pas X €, je démissionne" est une stratégie à double tranchant. N'utilisez cette carte que si vous êtes réellement prêt à partir.
  • Accepter des promesses orales : toute augmentation doit être actée par écrit (avenant au contrat, email de confirmation).

Checklist : êtes-vous prêt à négocier ?

  • ✅ J'ai fait des recherches sur les salaires du marché pour mon poste
  • ✅ J'ai préparé une liste de mes réalisations et résultats chiffrés
  • ✅ Je connais ma fourchette salariale cible (min-max)
  • ✅ J'ai converti mon objectif en brut annuel ET en net mensuel
  • ✅ J'ai identifié des avantages alternatifs à négocier si le salaire est bloqué
  • ✅ J'ai répété ma demande à voix haute (ou avec un proche) pour être à l'aise
  • ✅ Je suis prêt à accepter un "non" et à proposer une clause de revoyure

Questions fréquentes