Différence Salaire Brut et Net 2026
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Salaire net mensuel
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Qu'est-ce que le salaire brut ?
Le salaire brut est la rémunération totale inscrite sur votre contrat de travail, avant toute déduction. C'est le montant que votre employeur s'engage à vous verser. Il inclut votre salaire de base, les éventuelles primes, heures supplémentaires et avantages en nature.
Le brut constitue la référence légale de votre rémunération. C'est sur cette base que sont calculées toutes les cotisations sociales (salariales et patronales), les indemnités de licenciement, les primes conventionnelles et l'indemnité de départ à la retraite. Dans les négociations salariales, on parle toujours en brut annuel ou mensuel.
Le salaire brut comprend plusieurs éléments : le salaire de base (inscrit au contrat), les primes régulières ou exceptionnelles (prime d'ancienneté, prime de 13ème mois, primes de performance), les heures supplémentaires et complémentaires, ainsi que les avantages en nature valorisés (voiture de fonction, logement).
Qu'est-ce que le salaire net ?
Le salaire net (ou "net à payer avant impôt") est ce que vous recevez effectivement sur votre compte bancaire, après déduction de toutes les cotisations sociales salariales. Depuis 2019, le net après impôt tient aussi compte du prélèvement à la source.
Le salaire net représente votre pouvoir d'achat réel avant impôt sur le revenu. C'est le montant que vous pouvez utiliser pour vos dépenses courantes, votre épargne ou vos investissements. Attention toutefois : ce n'est pas forcément ce qui arrive sur votre compte, car le prélèvement à la source vient ensuite se déduire pour donner le "net à payer" final.
Dans votre budget personnel, c'est le net mensuel qui compte vraiment. C'est pourquoi il est essentiel de bien le calculer avant d'accepter une offre d'emploi ou de négocier une augmentation. Une différence de 100 € brut représente environ 78 € net pour un non-cadre et 75 € net pour un cadre.
Que se passe-t-il entre le brut et le net ?
Entre votre salaire brut et votre salaire net, plusieurs cotisations sociales obligatoires sont prélevées. Ces prélèvements financent l'ensemble du système de protection sociale français : assurance maladie, retraite, chômage, allocations familiales.
Détail des cotisations salariales
- Assurance vieillesse (retraite de base) : 6,90% sur la tranche 1 (jusqu'à 3 864 €) + 0,40% sur la totalité du salaire. Cette cotisation finance votre retraite de base du régime général de la Sécurité sociale.
- Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO : 3,15% sur la tranche 1 et 8,64% sur la tranche 2 (au-delà de 3 864 €). Ces cotisations vous donnent des points de retraite complémentaire obligatoire.
- CSG déductible (Contribution Sociale Généralisée) : 6,80% sur 98,25% du brut. Cette part est déductible de votre revenu imposable.
- CSG non déductible : 2,40% sur 98,25% du brut. Cette part n'est pas déductible et vient augmenter votre net imposable.
- CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) : 0,50% sur 98,25% du brut. Cette contribution sert à rembourser la dette de la Sécurité sociale.
- CEG (Contribution d'Équilibre Générale) : 0,86% sur la tranche 1 et 1,08% sur la tranche 2. Cette contribution équilibre les comptes de l'AGIRC-ARRCO.
- CET pour les cadres uniquement : 0,14% sur la totalité du salaire. Cette Contribution d'Équilibre Technique finance les droits spécifiques des cadres.
Au total, ces cotisations représentent environ 22% du brut pour un non-cadre et 25% du brut pour un cadre. Le taux exact varie légèrement selon le niveau de salaire, notamment pour les salaires supérieurs au plafond de la Sécurité sociale (3 864 € en 2026).
Tableau de conversion brut → net 2026
Voici un tableau de conversion pour les salaires les plus courants, statut non-cadre :
| Brut mensuel | Net mensuel | Net annuel | Coût employeur |
|---|---|---|---|
| 1 802 € | 1 426 € | 17 118 € | 2 384 € |
| 2 000 € | 1 583 € | 18 998 € | 2 646 € |
| 2 500 € | 1 979 € | 23 748 € | 3 307 € |
| 3 000 € | 2 375 € | 28 497 € | 3 969 € |
| 3 500 € | 2 771 € | 33 247 € | 4 630 € |
| 4 000 € | 3 168 € | 38 016 € | 5 286 € |
| 5 000 € | 3 972 € | 47 658 € | 6 569 € |
Les différents "nets" sur votre fiche de paie
Votre bulletin de salaire affiche plusieurs montants "nets" qui ont chacun une fonction précise. Il est essentiel de bien les distinguer pour comprendre votre rémunération réelle et votre situation fiscale.
- Net à payer avant impôt : brut - cotisations salariales. C'est le "salaire net" classique, celui que tout le monde appelait "net" avant 2019. C'est votre rémunération après déduction des cotisations sociales mais avant l'impôt.
- Net imposable : net à payer + CSG non déductible + CRDS. Ce montant sert de base au calcul de votre impôt sur le revenu. Il est supérieur d'environ 2,9% au net à payer. C'est ce montant qui apparaît dans votre déclaration de revenus pré-remplie.
- Net à payer (final) : net avant impôt - prélèvement à la source. C'est ce qui arrive effectivement sur votre compte bancaire chaque mois. Depuis janvier 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé directement par l'employeur.
Exemple concret pour un salaire brut de 3 000 € (non-cadre) : Net à payer avant impôt = 2 340 € → Net imposable = 2 408 € → Prélèvement à la source (7,5% par exemple) = 181 € → Net à payer final = 2 159 €.
Différences brut-net selon le statut
Le taux de conversion du brut en net varie selon votre statut professionnel. Cette variation s'explique par des cotisations spécifiques à chaque catégorie de salariés.
Secteur privé
- Non-cadre : environ 78% du brut (22% de cotisations). Par exemple, 2 500 € brut → 1 950 € net.
- Cadre : environ 75% du brut (25% de cotisations, incluant la CET). Par exemple, 4 000 € brut → 3 000 € net.
Fonction publique
Les fonctionnaires bénéficient d'un taux de conversion plus avantageux : environ 83% du brut (17% de cotisations). Les cotisations sont moins élevées car certaines prestations sociales sont gérées différemment. Par exemple, 2 500 € brut → 2 075 € net.
Statuts particuliers
- Alternants (apprentis, contrats de professionnalisation) : exonération totale ou partielle de cotisations selon l'âge et le salaire. Un apprenti peut toucher près de 100% de son brut en net.
- Stagiaires : si la gratification dépasse le seuil légal (4,35 €/h en 2026), elle est soumise aux cotisations sociales au-delà de ce seuil uniquement.
Brut vs net dans différents secteurs
Au-delà du statut cadre/non-cadre, certains secteurs professionnels ont des spécificités en matière de cotisations qui impactent le taux de conversion brut-net.
Secteur du bâtiment (BTP)
Les salariés du BTP ont des cotisations supplémentaires spécifiques : cotisations patronales de congés payés (caisse de congés payés du BTP) et cotisations pour la médecine du travail BTP. Le taux de conversion reste proche de 78% pour un non-cadre, mais la structure de la fiche de paie est différente.
Secteur de l'intérim
Les intérimaires ont une indemnité de fin de mission (IFM) de 10% et une indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) de 10%, qui s'ajoutent au brut. Ces indemnités sont soumises aux cotisations sociales. Au final, le "net" d'un intérimaire intègre ces primes de précarité.
Professions libérales
Les professionnels libéraux ne sont pas salariés et relèvent d'un régime social différent (URSSAF, CIPAV, CARCDSF selon la profession). Leurs cotisations sont calculées différemment (pourcentage du chiffre d'affaires ou du bénéfice) et ne suivent pas la logique brut/net des salariés.
Historique du système brut-net en France
Le système français de séparation entre salaire brut et salaire net découle de l'histoire de notre protection sociale. Après la Seconde Guerre mondiale, les ordonnances de 1945 ont créé la Sécurité sociale pour garantir à tous une couverture santé, retraite et famille.
Le financement de ce système repose sur des cotisations obligatoires, prélevées sur les salaires. Le choix a été fait de rendre ces cotisations visibles sur la fiche de paie, pour que chaque salarié comprenne comment est financée sa protection sociale. C'est ce qui explique la différence importante entre brut et net en France (environ 22-25%) comparé à d'autres pays.
En 2018, une réforme a simplifié la lecture des fiches de paie en regroupant les cotisations par risque (santé, retraite, chômage, etc.) plutôt que par organisme collecteur. Cette simplification visuelle n'a pas modifié les montants prélevés, mais a rendu la fiche de paie plus compréhensible.
Formule rapide de conversion
Pour une estimation rapide lors d'une négociation salariale ou d'un entretien d'embauche, vous pouvez utiliser ces coefficients multiplicateurs :
- Non-cadre : Salaire net ≈ Salaire brut × 0,78
- Cadre : Salaire net ≈ Salaire brut × 0,75
- Fonction publique : Salaire net ≈ Salaire brut × 0,83
Ces formules donnent une approximation rapide. Pour un calcul précis tenant compte des tranches de cotisations et de votre situation exacte, utilisez notre calculateur brut/net.
Impact pratique : exemples chiffrés
Comprendre la différence brut-net est essentiel pour évaluer une offre d'emploi ou négocier une augmentation. Voici des exemples concrets :
- Offre à 30 000 € brut annuel (non-cadre) : cela représente 2 500 € brut/mois, soit environ 1 950 € net/mois, soit 23 400 € net annuel. Après impôt (taux moyen de 5% par exemple), cela donne environ 1 852 € net par mois réellement disponible.
- Augmentation de 200 € brut/mois : pour un non-cadre, cela représente environ 156 € net supplémentaires par mois, soit 1 872 € net de plus par an.
- Prime de 1 500 € brut : après cotisations (~22%), vous toucherez environ 1 170 € net. Si votre taux de prélèvement à la source est de 7,5%, il reste environ 1 082 € après impôt.